De nos jours beaucoup de jeunes communiquent grâce au dédipix, ce dernier consiste à écrire son prénom ou une « envie » sur une partie de son corps (bras, jambes, torse, poitrine, parties intimes, etc.) et de poster la photo de ce tatouage sur le blog d'un autre internaute. L'heureux destinataire de ce cadeau offre alors, en échange, en fonction de l'intérêt qu'il a trouvé à la dédicace, des commentaires sur le blog de son "bienfaiteur ». L'intérêt de tout ceci ? Obtenir le plus de commentaires possible, pour se sentir et se montrer le plus populaire possible, le nombre de commentaires d'un blog était l'ultime mesure de la popularité dans certaines sphères. Comme on peut l'imaginer, cette pratique peut donner lieu à des dédicaces parfois osées, voire dégradantes pour le jeune se mettant en scène car plus sa photo est audacieuse, plus grandes sont les chances qu'elle provoque de nombreux commentaires, c'est ainsi que sont nés les photos de seins nues surnommé Dédiboobs dans le jargon ! Ainsi les dédipix interrogent-ils sérieusement les limites où certains blogueurs sont prêts à franchir dans le cadre d'un simple échange de bons procédés... et mettent en exergue la question essentielle de la gestion de l'image personnelle des adolescents sur Internet.

Quel est le véritable de Dedipix ?

Comme nous le savons le Dedipix est un ensemble de mots dédicace, dédiboobs et Pixel c'est-à-dire c’est une dédicace faite à partir des images comme le tatouage par exemple. C’est surtout un moyen pour les jeunes pour récolter des commentaires sur des sites comme Facebook, twiter, instagramme…etc. Chez les filles ce phénomène se déroule en postulant ou en publiant une photo dénudée en montrant cela elle recevra plusieurs commentaires sur son skyblog. Pour d'autres c’est un moyen de mettre en valeur leur corps et d’attirer les intentions d’autrui en mettant des mots, des dessins.

Qu’est ce que cela inspire ?

Le dédipix est un pont entre le réel et le virtuel : il confronte le corps (dimension matérielle), le pseudonyme (immatériel), l’image (immatérielle) et le support (internet, immatériel). Le dédipix participe à l’individuation : poster des images de soi aide à prendre conscience de son existence aux yeux des autres. Le dédipix se plie aux règles induites par les médias : en public (sur le web), je reste relativement pudique, en privé (sur mobile), je me montre plus directement (sexting, etc.) Le dédipix est adolescent : dans son désir de flirter avec l’interdit et chercher ses limites, notamment face aux accusations d’interactions pédophiles, sans parler des craintes suscitées chez les parents. Le dédipix est un pur produit du read write web (web participatif) : en postant des représentations d’eux, les dedipixeurs attendent des réactions, réagissent aux commentaires, modifient ou font évoluer les contenus de leur blog. En ce sens, le dédipix est communautaire, il est un levier de socialisation et de partage. Le dédipix répond à une logique d’audience. Outil pragmatique, il invite les internautes à « lâcher du com ». Faire le plus de commentaire possible sur le blog hébergeant l’image, afin de faire grimper ses statistiques de vues. Le dédipix est un effet d’usage : il illustre la relation de liberté entretenue entre un objet et ses utilisateurs. Tout est question d’usages, on ne le répètera jamais assez. A ce titre, le dédipix est une devise, ou une monnaie d’échange. « Une cuisse vaut moins cher qu’un sein ». La dédipix répond à une logique capitalistique visant une transaction. Mais au fond, est-ce que c'est réellement dangereux ? C'est bien connu, le web n'est pas l'endroit le plus sûr pour garder un minimum d'intégrité. Et même si le visage est généralement masqué, même s'il est possible de faire appel aux modérateurs, le risque reste là. Donc autant éviter de donner une raison aux internautes malveillants de vous rendre la vie dure.